1sur3 : François Morelli

Chronique No 1

François Morelli est en résidence à New York pendant toute la première moitié de 2011. Interrogé sur ce qu'il y a vu comme imprimé, il indexe tout de suite une expo présentée au MoMA, le magnifique catalogue qui l'accompagne ainsi que le sac dans lequel on lui a remis le  dit catalogue. Voici ci donc ce qu'il en a pensé; d'abord en texte, puis en vidéo.

Lorsque mama sortait ses croûtes.

German Expressionism The Graphic Impulse, une exposition d’œuvres majoritairement sur papier (estampes, aquarelles et dessins) avec quelques peintures et sculptures produites en Allemagne et en Autriche entre 1900 et 1020.  Quand MOMA puise dans ses réserves (tendance actuelles dans plusieurs musées New Yorkais), il s’agit d’un festin gastronomique, digne de Babette. Ce qui frappe c’est l’expérimentation et l’audace moderne de ces techniques d’impression rudimentaire et accessible. Un vrai corps à corps entre la main, la matière et la technique où la psyché triomphe. Nous sommes loin du e-virtuel et a porté de main de l’autre…. un autre temps et un autre type d’artiste rempli d’urgence et de devoir….devoir faire pour naître et mieux être, sinon disparaître. Devoir creuser, gratter, graver, pour pénétrer la matrice, pour mieux se comprendre entre les collectifs Die Brucke et Der Blaue Reiter.

Sentir Kirchner, Beckmann, Schiele, Dix, Grosz, Kokoschka, Schmidt-Rottluff, Nolde, Kollwitz ….si prés de nous, comme s’ils commentaient aujourd’hui le sort de nos soldats et de l’industrie des armes de guerre, de nos travailleuses du sexe, de nos corps difformes reconstruits a gros coûts, de nos dentelles griffées, de nos barons de Wall Street toujours en liberté et de nos dépossédés incarcérés, de l’honnêteté et de l’intégrité de nos politiciens « à cigare Davidoff » ou du succès notre système politique en général… tout cela sans ordi, sans caméra, et sans paroles… En images imprimées noir sur blanc, à petit tirage et pas toujours propre, propre, propre. Quel délice. Merci mama. Dire que je croyais connaître le menu par cœur…. Heinrich Campendonk (1889 – 1957) quelle découverte.

27 mars – 11 juillet 2011


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